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Histoire
de BORDJ
BOU ARRERIDJ
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L'époque de la Régence d'Alger L'histoire de la ville est liée à celle de la dynastie des Mokrani ou Amokrane régnant du xvie au XIXe siècle sur le royaume des Beni Abbes, État berbère enclavé dans le territoire ottoman de la régence d'Alger, plus particulièrement du beylik de Constantine ; son centre était la Kalâa des Beni Abbes, une citadelle dans les Bibans, mais il s'étendait sur la plaine de la Medjana, le territoire de la puissante tribu des Hachems, sorte de milice qui était dispensée de l'impôt et se battait pour son suzerain. Les Turcs choisissaient leurs représentants parmi les hommes les plus influents du pays ; il en résultait pour eux la nécessité d'avoir le plus grand nombre possible de Hachems. L'influence venait-elle à se déplacer, les Turcs retiraient le commandement à leur représentant lorsque, par hasard, il n'avait pas été mis à mort, et le donnaient à son rival dont l'étoile se levait. Les Ouled-Mokran, au nombre de cent environ, étaient divisés en deux ou trois groupes rivaux autour desquels se groupaient un millier de Hachems. À l'arrivée des Français en Algérie, la Medjana était gouvernée par le caïd des Ayades. Le père du bach-agha Mokrani groupa autour de lui le plus grand nombre possible de Hachems, fit sa soumission à la France et contribua à lui valoir celle de toute la contrée. À sa mort son fils lui succéda. Bordj Bou Arreridj est à l'origine une place forte construite par les soldats turcs du beylik de Constantine (les bordjs servant de résidence aux troupes) pour contrôler la Medjana, après une victoire remportée sous le règne d'El Hadj Ben Bouzid El Mokrani, Amokrane de 1735 à 1783 ; celui-ci réussit par la suite à les évincer. Autour du fort se forme progressivement un bourg, peuplé par une population venue des différentes tribus kabyles de la région, doté dun marché important. L'époque de la conquête française Des travaux d'aménagement sont entrepris vers 1840, après la reprise de la guerre contre l'émir Abd el-Kader ; en particulier, des remparts sont construits autour de la ville pour se prémunir des attaques des montagnards. La Medjana étant alors territoire militaire, Bordj Bou Arreridj est une ville de garnison et le siège d'un cercle dont dépendent successivement Ahmed El Mokrani (mort en 1853), khalifa de la Medjana, puis son fils le Cheikh Mohammed El Mokrani (mort en 1871), bachaga de la Medjana, qui après avoir été 18 ans au service de la France, est à l'origine de l'l'insurrection de 1871. Ville à l'origine principalement peuplée de soldats, elle accueille par la suite des colons. Bordj Bou Arreridj devient commune mixte le 6 novembre 1868 puis est érigée en commune de plein exercice par décret du 3 septembre 1870. Une commune mixte du même nom est aussi créée par arrêté du 13 novembre 1874 (comprenant six sections, la première comprend la partie du territoire d'Aïn-Tagrout, affectée au village européen de ce nom ; la seconde, le douar commune d'Aïn-Tagrout, les fractions de Chouïra et de Cedrata ; la troisième, les douars-communes de Sidi-Embarek et de Bir-Aïssa ; la quatrième, le douar-commune d'El-Anasser, les fractions de Gemmour et de Tassera ; la cinquième, le douar de Sennada ; la sixième, les douars de la Medjana et d'Aïn-Sultan) qui devient commune mixte des Maâdid en 1890 avec pour chef-lieu Bordj Bou Arreridj. L'insurrection de 1871 et ses suites Le 15 mars 1871, 6 000 hommes du Cheikh El Mokrani attaquent la ville. La révolte est suivie d'une sévère répression qui entraîne l'exécution ou la déportation en Nouvelle-Calédonie de centaines de personnes. Bordj Bou Arreridj, incendiée durant cette insurrection, est reconstruite en 1881. La ville a depuis perdu son aspect militaire, notamment avec la suppression des remparts. Après l'indépendance A linstar dautres villes algériennes, la ville a connu une grande extension urbaine. La ville a connu différents statuts administratifs depuis 1870 : commune de plein exercice, chef-lieu de sous-préfecture en 1956, chef-lieu de daïra en 1963, elle est érigée au rang de chef-lieu de wilaya en 1984. Elle s'est dotée d'une zone industrielle (1973-1976), ainsi que des programmes de développement (PMU, PCD, PSD). Toutefois, ce volontarisme étatique a mené à certains déséquilibres entre l'espace fonctionnel et l'espace administratif, qui a accentué l'écart entre cette ville primatiale et le reste des agglomérations inscrites au sein de sa circonscription administrative. |
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