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* Kahina *
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Dihya aussi connue sous le nom de Kahina ou Kahena, est une guerrière berbère qui combat les Omeyyades, lors de la conquête musulmane du Maghreb au viie siècle. Après plusieurs succès contre les envahisseurs musulmans, Dihya meurt au combat, dans les Aurès, en 703. Selon Zineb Ali-Benali, historienne et professeur des universités, Dihya réussit, en son temps, à unifier le Maghreb. Tout en insistant sur ses qualités de chef militaire, elle indique que cette reine berbère figure « parmi les rares femmes au parcours politique aussi exceptionnel ». De nombreuses romancières et essayistes féministes se sont approprié la figure de la Kahina pour sa charge symbolique, la décrivant comme lune des premières féministes de lHistoire. Les mouvements berbéristes la considèrent comme une icône de l'amazighité. Elle est également une figure historique et identitaire des Chaouis ainsi que des Berbères en général.
Dans un contexte général de guerres arabo-byzantines, la conquête de l'Afrique du Nord est décidée par le chef de la dynastie omeyyade, Muawiya Ier, premier calife omeyyade, et continuée par son fils, le second calife omeyyade, Yazid Ier. Oqba Ibn Nafi est le général arabe désigné pour conquérir le Maghreb et y propager l'islam. Il gouverne l'Ifriqiya (actuelle Tunisie) de 666 à 675, puis de 681 à sa mort. Vers 670, il crée le poste militaire de Kairouan, dans le but d'en faire un point d'appui dans sa campagne de conquête du Maghreb. Cette conquête se heurte à la résistance des populations locales et des puissances installées : l'Empire byzantin, implanté essentiellement sur les côtes et en particulier à Carthage et Septum, et les Berbères. L'Exarchat de Carthage est une province excentrée de l'Empire byzantin. Au début de la conquête musulmane du Maghreb, l'unité politique et administrative du Maghreb centrale (actuelle Algérie) est en grande partie réalisée par Koceïla. Ce chef berbère prend la tête de la résistance, de 680 à 688. Il s'oppose aux armées arabes, particulièrement au général Oqba Ibn Nafi, qu'il prend en embuscade et exécute à Tahouda en 683. D'après l'historien arabe Ibn Khaldoun, lassassinat d'Oqba ibn Nafi aurait été commandité par Kahina. À la suite de cette défaite, les Omeyyades sont expulsés de Kairouan, qui est prise par Koceïla. Il gouverne alors une grande partie du Maghreb. Mais cela dure peu, il meurt en 688, près de Timgad, lors de bataille de Mammès, face aux renforts du calife dirigés par Zoheïr ibn Qais. À Constantinople, Constantin IV (668-685) succède Justinien II (685-695, puis 705-711). À Damas, les califes se succèdent, on passe de la branche soufyanide à la branche marwanide : Muawiya II (683-684), Marwan Ier (684-685), Abd Al-Malik (685-705). Le gouverneur de l'Ifriqiya est désormais Hassan Ibn Numan, au moins de 692 à sa mort, vers 700.
Sa mort Kahina s'engage une dernière fois face aux Omeyyades à Tabarka, dans l'actuelle nord de la Tunisie. Ibn Khaldoun décrit le combat comme particulièrement âpre, et indique que les musulmans ont bénéficié « d'une intervention spéciale de Dieu ». Finalement, son armée est vaincue par celle de l'émir Moussa Ibn Noçaïr, elle parvient a s'échapper, mais est finalement tuée. Les récits littéraires varient, certaines sources indiquant qu'elle fut tuée dans l'Aurès près d'un lieu dès lors appelé Bir-al Kahina, tandis que d'autres sources indiquent Tabarka. D'après les récits ultérieurs, la défaite de ses troupes aurait été en partie due à la trahison de Yazid, jeune captif arabe que Kahina a épargné à la bataille de l'oued Nini, celui ci aurait tenu une correspondance secrète avec Hassan Ibn Numan pour le tenir au courant des mouvements des troupes berbères. Selon les sources, elle serait soit morte au combat, l'épée en main, soit par suicide, en avalant du poison, plutôt que d'être prise par l'ennemi. D'après Ibn Khaldoun, Kahina est capturée et décapitée, et sa tête est envoyée au calife Abd al-Malik, toutefois cela est très probablement une invention de commentateurs arabes. Cet événement se produit dans les années 690 ou 700 : l'année 703 est souvent retenue. Après cette victoire, Hassan retourne à Kairouan. Il va de l'avant et prend Carthage, qui a été reprise par les byzantins en 697 à la suite de la retraite arabe en Cyrénaïque. Après avoir réprimé la révolte berbère et chassé les byzantins de la côte, il offre au reste des Berbères des termes de paix, et 12 000 d'entre eux sont recrutés dans l'armée arabe. D'après certains historiens musulmans, prévoyant la déroute de son armée, Kahina aurait envoyé au préalable ses deux fils à l'armée arabe pour les protéger, ceux ci auraient été intégrés à un rang élevé dans larmée arabe. Toutefois, l'historien Al-Waqidi indique qu'ils sont morts avec leur mère. |
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