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*Algérie indépendante*
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L'indépendance en 1962 laisse le pays dans une situation difficile à la suite de la guerre, les affrontements internes et le départ massif des Européens d'où provenait l'essentiel de l'encadrement en place durant la période coloniale, ainsi que des rapports difficiles avec la France et le Maroc voisin qui se traduit par le conflit de la guerre des Sables en 1963 puis la crise entre les deux pays sur la question du Sahara occidental depuis les années 1970. Malgré un apaisement avec la signature du Protocole judiciaire franco-algérien du 28 août 1962, l'armée française évacue ses dernières bases en Algérie qui constituent autant d'enclaves autorisées par les accords d'Évian, Reggane et Colomb-Bechar (1967), Mers el-Kébir (1968), Bousfer (1970) et B2-Namous (1978). Le Gouvernement provisoire de la République algérienne est mis en échec par l'Armée de libération nationale (ALN), qui place Ahmed Ben Bella à la tête du nouvel État, ce dernier va ériger le Front de libération nationale (FLN) en parti unique et mène une politique socialisante et populiste inspirée du modèle nassérien. Le très faible taux de scolarisation (environ 10 %) sous la période coloniale rend le pays démuni de cadres techniques et administratifs. Il ne compte aucun architecte, seulement quelques dizaines d'ingénieurs et de médecins et moins de 2 000 instituteurs. La guerre des Sables d'octobre 1963 est un conflit militaire opposant le Maroc et lAlgérie (aidée par l'Égypte et Cuba), peu après lindépendance de celle-ci. Après plusieurs mois d'incidents frontaliers, la guerre ouverte éclate dans la région algérienne de Tindouf et Hassi Beïda, puis s'étend à Figuig au Maroc. Les combats cessent le 5 novembre, et l'Organisation de l'unité africaine obtient un cessez-le-feu définitif le 20 février 1964, laissant la frontière inchangée. En avril 1964, 379 prisonniers algériens sont échangés contre 57 marocains, ce qui conforte la thèse d'une supériorité générale des forces marocaines lors du conflit. Le Maroc annonce un bilan officiel de 39 morts, tandis que les pertes algériennes, jamais publiées, s'élèvent vraisemblablement à 300 morts. Le piètre bilan de l'armée algérienne est un des facteurs qui contribuent à la chute de Ben Bella en 1965. Ben Barka, réfugié en Algérie depuis juillet 1963, dénonce vivement la « guerre d'agression » et la « trahison » du Maroc, et est condamné à mort par contumace le 22 novembre 1963, pour complot et tentative d'assassinat contre le roi à la suite du « complot de juillet ». Le 29 octobre 1965, il est arrêté et enlevé à Paris par des policiers français, et disparaît sans laisser de trace. Il est vraisemblablement assassiné au Maroc sur instruction du général Oufkir, avec la complicité du SDECE. La gauche marocaine, traumatisée par les dénonciations de trahison à la patrie lors du conflit, se rangera presque tout entière du côté du roi lors du conflit au Sahara occidental à partir de 1975.
Le 19 juin 1965, un coup d'État militaire va placer Houari Boumédiène à la tête du pouvoir, il va continuer dans cette voie socialiste tout en renforçant la planification de l'économie et la bureaucratie de l'État.
Il entame une politique basée sur l'exploitation de la rente pétrolière pour la création d'une industrie lourde « Révolution industrielle » au profit de la marginalisation de l'agriculture malgré la « Révolution agraire ». L'Algérie connait un développement économique et social important sous son gouvernement. Entre 1962 et 1982, la population algérienne passe de 10 à 20 millions de personnes et, massivement rurale avant l'indépendance, est urbanisée à 45 %. Le revenu annuel par habitant, qui nexcédait pas 2 000 francs (305 euros) en 1962, dépasse 11 000 francs (1 677 euros) vingt ans plus tard, tandis que le taux de scolarisation oscille de 75 à 95 % selon les régions, loin des 10% de l'Algérie française. Cette scolarisation massive est accompagnée sous le terme de « Révolution culturelle » d'une arabisation volontariste de l'enseignement.
Les possibilités agricoles étant significativement limitées par le désert, Boumédiène se tourne vers le développement industriel. Un plan triennal est imaginé pour la période 1967-1969, auquel succèdent deux plans quadriennaux (1970-1973 et 1974-1977). Ils s'accompagnent de grands travaux, comme la Transsaharienne (ou « route de l'unité ») qui relie la Méditerranée à l'Afrique noire ou le « barrage vert », forêt à planter en vingt ans pour empêcher l'avancée du désert. Le réseau routier est sensiblement étendu à l'intérieur du territoire algérien (le réseau développé sous la colonisation restait circonscrit aux villes portuaires).
En 1979, Chadli Bendjedid devient le nouveau chef d'État. Il entame des réformes économiques basées sur une libéralisation mal-gérée et alimentée par la corruption. L'effondrement des prix des hydrocarbures en 1988, l'endettement de l'État et l'explosion démographique, vont accélérer la crise du « modèle de développement algérien » et le système mis en place par le FLN. Le pouvoir doit aussi faire face aux premiers mouvements populaires depuis l'indépendance. Face au Printemps berbère de 1980, puis aux émeutes de Sétif en 1986, il réagit par la répression. Mais en octobre 1988, l'armée décide de tirer sur les émeutiers (plus de 500 morts). Les autorités sont contraintes d'autoriser le multipartisme.
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